dimanche 29 novembre 2009

Dimanche en poésie, dimanche en pleurs





Je remercie Lily à qui j'ai "volé" ces extraits d'un livre de François Nourissier : "Lettre à mon chien".
Ce sont des mots, la poésie aussi n'est faite que de mots.

« Je me suis souvent demandé, au long des insomnies, quand j’écoute ta respiration, quand tu pèses de tout ton abandon sur ma jambe ou mon dos, ou lors de ces quelques nuits blanches passées à te veiller, je me suis demandé ce que signifient ces excès de ma tendresse pour toi, cette peur viscérale de te voir souffrir ou de te sentir menacée. « Fertiliser le cœur », c’est vite dit. Je tourne autour de cette espèce de maladie du sentiment sans parvenir à l’expliquer. Seules peuvent évoquer mon angoisse à ton endroit celles qu’il m’arriva de ressentir à imaginer mes enfants blessés, ou la maladie et la mort d’une femme aimée. J’insiste là-dessus : il s’agit de la même qualité de sentiment. Je n’établis pas une hiérarchie entre ce que les humains éveillent en moi de compassion ou de tendresse, et ce que j’essaie d’expliquer ici te concernant. Le ferais-je, je mentirais, puisque cette similitude des angoisses, cette ressemblance entre des amours réputés différents que je voudrais, les soulignant, les approfondissant, expliquer. Je n’y arriverai pas, je commence à le savoir. Au moins serais-je heureux si j’allégeais les scrupules de quelques-uns de ceux qui, comme moi, feignent de s’inquiéter de leur attachement à tes copains alors qu’il les émerveille. »
« S’il est vrai qu’on a les chiens qu’on mérite, comme je suis fier de ta démence et de tes tendresses ! Dans cette vie de partout corsetée, colmatée, nourrie de labeurs et de décorations, tu es la fuite du cœur, la fissure par où s’insinuent les déraisons. Il y a trente ans je ne t’aurais pas méritée, justement, j’étais trop empêtré d’ordre et de calculs. Je croyais aux investissements. »
"Chaque matin à mon réveil, tu me rappelles - leçon sans prix - que la gravité est une grimace repoussante et que seules comptent les fêtes de la vie. Puissé-je m'en souvenir au jour de la grande peine de ton départ - si je suis là pour la souffrir."

Je souffre mille morts, Bingo, mon roi, mon immense amour, a dû être euthanasié jeudi 26 novembre.
Ces mots là sont pour lui, en attendant les miens.
J'ai le chagrin comme un océan.

17 commentaires:

calypso a dit…

Je sais ce que tu peux ressentir, je l'ai moi-même vécu. Une bise de soutien.

celsmoon a dit…

Ce vide qu'ils laissent autour de nous, en nous, je pense à toi...

Kali a dit…

Toutes mes pensées...

Anonyme a dit…

tes larmes nous ont accompagnés en ce we pourri...
des pensées tendres pour toi
et des bisous
et des miaous
et des wouahwouahs

Pascal

Mango a dit…

Je tiens à partager ta souffrance. Je sais combien tu l'aimais et combien le vide de son absence doit être immense! Je pense bien à toi!

Leiloona a dit…

Encore une fois, je te serre dans mes bras.
Je suis émue en regardant la première photo.

Fleur a dit…

je t'envoie des bises de soutien je sais à quel point on s'attache à nos amis les bêtes, j'ai aussi vécu ça et je sais à quel point ces douloureux.

Je danse sur un fil a dit…

Merci du fond du coeur à toutes et à Pascal mon ami Pascal, grand magicien des mots qui sait aussi le poids du chagrin.

leschatsdumaquis a dit…

Ce ne sont pas tes mots aujourd'hui. Mais ce sont tes larmes.

Et mes propres larmes se mêlent à ces mots que je ne lis pas parce que je ne les vois pas ; plus tard...

Tendrement

Rose, Sukha, Tara et Kymia

Paloma a dit…

Je comprends et partage ton chagrin et tes larmes. Le courage a un prix... Puis-je, dès maintenant, te laisser un petit message d'espoir? Aujourd'hui, en pensant à Bingo, tu ne ressens que du vide. Petit à petit, il se remplira de tous les souvenirs positifs que vous avez créés ensemble...
Tout plein de pensées chaleureuses en mémoire de Bingo.
Tout plein de gros bisous pour toi.
Paloma

Pupucefreewoman a dit…

Ce texte est magnifique de sensibilité et de justesse de ce que l'on vit tous les jours.
Douces pensées à bingo dont tu as eu la chance de partager la vie, et à toi qui le pleure aujourd'hui.

Diane a dit…

Quel beau texte, que je te vole pour quand j'arriverai a cette étape que j'ai vécue si souvent et aussi douloureusement a chaque fois.
J'aimais Bingo, grand loup noir. Je l'aime encore et j'aime Laurence toute cassée en miettes ces temps ci.

Tu as Bingo tatoué dans le coeur, un tatouage ne s'efface jamais. Il restera là, et toi tu pourras revivre et jouer, le grand loup noir dans ton coeur.

Homer a dit…

Bingo, roi de l'innocence et de la gentillesse infinie, je ne t'oublierai jamais. Veille sur Lolo, elle en a besoin.

Le chagrin ne s'efface jamais, il s'estompe au fil du temps. Et les amis sont là pour réconforter et avancer, coûte que coûte, dans la vie ! Je serai toujours auprès de vous.

Je vous aime.

Je danse sur un fil a dit…

A vous tous,
Jour après jour, je tente la remontée et jour après jour, je transforme un peu l'essai.
Et puis..
il y a d'autres jours où l'absence est un vide abyssal dans lequel je me heurte, j'ai mal, tout hurle à l'intérieur, c'est d'une simplicité à tomber : mon chien me manque !
Je le cherche comme une aveugle, les deux bras devant moi, je marche comme une aveugle, et tout autour de moi, je ne rencontre que ce vide, cet épouvantable vide et j'ai mal.
La douleur est une foutue traîtresse,, elle desserre son étau un jour pour le mieux caler le lendemain.

Et demain, justement, je vais récupérer les cendres de mon chien, mon Bingo Roi, mon grand amour.

Croco a dit…

Magnifique Bingo et magnifique le lien qui vous unit.
Moi et ma tribu velue t'envoyons une pensée douce.

Béa kimcat a dit…

Coucou Laurence,
C'est si dur de perdre nos petits compagnons... Je comprends cette douleur, ce chagrin, ce vide que l'on ressent...
Bise de réconfort.
Béa kimcat
http://kimcat1b58.over-blog.com/

Armide + pistol a dit…

Je pleure avec toi en découvrant le beau Bingo, le merveilleux Bingo.
Quelle chance vous avez eue l'un et l'autre de passer tous ces moments de tendresse ensemble.
Le vide et le chagrin son j'imagine, incommensurables.
Je dois aux Chats du Maquis le plaisir de vous connaître