lundi 11 août 2008

Après l'ondée

Il a plu aujourd'hui.
Je l'attendais cette pluie, je la voulais, elle est venue. Un orage qui a fini par crever les nuages, j'étais seule dans le bureau et j'ai piqué vers le sol. Des trombes d'eau se sont abattues, violentes gouttes qui frappent, une pluie drue, agressive, une pluie qui arrache et repart, altière, vient alors le temps de l'accalmie.
Sur la Colline St Eutrope, avec les poilus, une petite averse nous a surpris, nous avons trouvé refuge sous l'auvent déserté de la guinguette, elle aussi s'est calmée ne nous laissant que quelques gouttelettes éparses. Le bonheur !
Nous étions quelques rares promeneurs sur la Colline, je suis allée profiter des balançoires, en avant, touche le ciel ! le sourire en ascension. La pluie perlait sur mes bras, et sur le poil des chiens. Lorsque nous nous sommes engagés dans les petits sentiers de traverse, la pluie faisait des miracles, elle exhalait quantités d'odeurs plus fantastiques les unes que les autres. Celle des aiguilles de pin tombées en couverture sur le sol, celle plus âcre de feuilles et fleurs fanant, la suave, zeste de magnolia, venue d'on ne sait où, l'odeur de terre mouillée, celle de l'herbe tondue, des odeurs végétales à se dilater les narines. J'ai fait comme les chiens, j'ai marché la truffe au vent.
Au détour d'une petite allée, la pluie s'est remise à tomber, elle crépitait comme une pomme de pin dans la cheminée, nous nous sommes fait canarder, mais cette petite pluie là avait de l'allure, elle était gaie, impétueuse, taquine et chaude, une pluie chaude, une pluie d'été qui revigore et fouette les joues.
Une petite pluie originelle, comme une bénédiction.
Je sens la pluie sur ma peau, je la sens sur mes chiens, elle nous a laissé sa fragrance, elle nous a enrobés doucement de son empreinte, je pense à Diane qui danse sous la pluie, là-bas, loin, au Québec, Diane qui doit bien rêver de soleil, là où je lèche les petites ravines d'eau offertes par la pluie.
Moi aussi, j'ai dansé sous la pluie, j'ai offert à ma façon, ma petite incantation à l'eau du ciel.
J'avais besoin de cette pluie, j'avais besoin de cette eau.
L'eau pour vivre, j'aime bien vivre.

5 commentaires:

Leil a dit…

J'aime aussi l'odeur de la pluie : la nature se pare de parfums nouveaux, comme pour rendre hommage à cette eau .

Elle est jolie ta photo : on dirait des lunettes. :)

Alain a dit…

Oh oui cette pluie fait du bien, à la terre, au jardin, pour les ... photos... j'adore les photos et surtout evec les gouttes d'eau!! la tienne est réussie!
Bises Southern-lolo et bonne fin de journée

Je danse sur un fil a dit…

Il faut impérativement rendre à César ce qui lui appartient, aussi dois-je avouer que la photo n'est pas la mienne, ouin ! mais bientôt, très bientôt, moi aussi j'aurais un appareil et alors, je vais me déchaîner.

leschatsdumaquis a dit…

Déjà de retour sur ton Sol.

Je reçois tes lignes de plein fouet comme un vent salvateur car j'aime J'AIME la pluie, à un point...

Je tique toujours lorsque les gens disent "le temps est pourri" seulement parce qu'il pleut !

Je me pâme devant ses parfums -justement- et son atmosphère incomparable.

Je suis comme les escargots (dont j'ai d'ailleurs le rythme hum) je sors lorsqu'il pleut, et sous mon vélo ; même pas peur.

Merci pour ton écriture qui me ravit.

Rose

**NB : je viens du blog d'Alain et je ne le regrette pas... ;-) **

Je danse sur un fil a dit…

Merci mille fois Rose, je suis touchée et ravie aussi que tu te promènes ainsi sur mon blog. tu verras, il est assez disparate, il y a de tout, un peu, beaucoup.
Je laisse la plume, enfin, le clavier me mener où il veut, mais je m'aperçois néanmoins que depuis quelques jours, mon apparent désordre semble vouloir s'organiser, on verra bien.
Je vais aussi aller voir les chats du maquis, j'y ai fait tout à l'heure une brève incursion, trop brève, j'y retourne.
Alain, est donc notre trait d'union, je m'en félicite.

J'aime aussi beaucoup la pluie et le temps qu'il fait ne me dérange que rarement, je regrette que les saisons ne soient plus aussi marquées que dans mon enfance. Il y a toujours quelque chose à faire de ce temps qu'il fait, il suffit de se laisser porter, râler ne sert qu'à faire pointer les ulcères et j'ai coutume de dire que l'amertume ne convient qu'aux endives.
A bientôt Rose ;-)