lundi 14 juillet 2008

Une petite patte de chat

Il se passe tant de jolies choses.
A mes côtés marche l'homme que j'aime, nous allons d'un même pas, même rythme, nous rions, sourions, parfois je me laisse aller à d'autres émotions, parfois, c'est dans son regard que je lis ce que je connais si bien, nous sommes deux êtres humains en proie aux doutes, aux peurs, à la joie et à toute la panoplie de ce qui nous différencie du métal.
Fin d'après-midi hier, nous revenons, joyeux, main dans la main, et puis là, tout s'arrête si brusquement, un morceau de fin du monde.
Je n'ai vu qu'une petite patte qui battait l'air, je savais avant même que darling me l'avoue; un petit chat qui agonisait le long d'un trottoir, buté par une voiture probablement, buté c'est le terme exact, un petit chat tué un dimanche en fin d'après-midi.
Pas de quoi alimenter une chronique, de quoi me faire suffoquer quelques instants.
Je ne pense qu'à cette petite patte qui s'agite vers le ciel, darling m'a dit qu'il était mort quelques secondes plus tard, nous n'aurions rien pu faire.
Toutes ces larmes ! pour lui ?
Oui, pour lui et pour ceux sur lesquels je ne parviens pas à pleurer quand c'est l'heure de le faire.
Un petit chat qui ne connaissait pas grand chose de sa vie de chat, et des larmes obscures qui m'obstruent le corniolon, qui font comme une couche de poix dans laquelle je m'englue et dont je ne peux me dépêtrer, et cette sourde angoisse toujours tapie qui resurgit et qui me dévore morceau après morceau.
Et puis ce matin à nouveau, le mistral s'est levé, il balaiera le ciel et ses nuages et moi aussi, il me lavera, ne me laissant que le bleu limpide du ciel à regarder et l'amour de darling dans lequel m'envelopper.
Pourtant, je sens toujours quelque chose comme un noyau que je n'arriverais pas à recracher, c'est irritant mais ça n'empêche pas de vivre.

4 commentaires:

Leil a dit…

Il y a 15 jours, j'ai passé le brevet de secouriste. Important de savoir comment réagir en cas de crise. Surtout quand on a trente morpions en face de nous. ;)
Bref.
J'y ai appris qu'il y avait deux sortes d'étouffement. Celui qui n'obstrue pas et celui qui obstrue. Le noyau qui te gratouille la gorge ne t'empêche pas de respirer ... mais il te gratouille tout de même. Alors dans ce cas-là, on m'a appris à asseoir la personne et à lui demander de tousser ...
Alors tousse, crache, écris ces maux.
Ce petit chat, grâce à ton billet a déjà parcouru la France pour arriver en banlieue parisienne, niché droit dans une partie de mon cœur. C'est peut-être enfantin de dire ça, mais face à la Faucheuse, c'est déjà une petite bataille qui vient d'être gagnée, non ?
Puis bientôt, cette petite patte de chat franchira l'océan pour se nicher dans le cœur d'une belle québécoise.
Puis ce noyau montre bien que ton cœur est vivant.

Je danse sur un fil a dit…

Merci Leilounette, merci !
Il me semble que ces mots ne parviennent pas à sortir, c'est bien le comble de la bavarde ça !
Parler je peux, c'est dire que je ne peux pas, ça remonte à loin loin, si loin que parfois je crois avoir oublié et puis une petite patte et la mer s'ouvre et c'est énorme à avaler une mer...
Une mère ?

Diane a dit…

Oh merde j'avais loupé ce post.
Le noyau s'est transmis jusqu'à moi; il est là dans ma gorge.

Un petit chat qui a souffert. Et on n'a rien pu ni personne.
C'est moche parfois la vie. Le noyau.. Oui j'ai aussi suivit mes cours de secouriste, mais devant le petit chat a la petite patte qui balance, on ne peut rien.
Rien d'autre que d'avaler un gros noyau dans la gorge.

leschatsdumaquis a dit…

Comme je le dis souvent sur leschatsdumaquis, le net offre la possibilité de graver un nom, une histoire, une émotion dans l'écorce de l'Arbre de la vie...

Tes larmes auront permis à ce petit chaton de ne pas passer inaperçu sur terre.

En même temps, je te rejoins tellement dans cette déchirure...

Rose